Quand on se prosterne, on dit l'inverse de ce qu'on est, et on est l'inverse de ce qu'on dit.
C'est un peu le problème de toute adoration, de tout dogme... De tout ce qui créé une communauté qui se différencie du reste du monde par la soumission à une "norme" artificielle. Le langage, à mon sens, n'est pas constitué exclusivement de mots, dans notre monde très "visuel", on peut dire qu'on pense plus en images qu'en mots. Je pense qu'on peut penser en musique aussi. Prenons par exemple un groupe de "Death métal"(ou tout autre groupe affilié à un "esthétique de genre") dont les membres à la voix gutturale et au cheveux longs, sont les porte drapeau d'une communauté qui n'a aucune raison d'être, si ce n'est une aspiration à ignorer l'individu. Pour trouver la valeur d'une prise de parole (musicale ou autre), il convient d'en démonter la forme, afin de voir ce qu'il en reste. En l'occurrence, le groupe de Death metal aura perdu tout intérêt au yeux de son public dès lors qu'il aura troqué son chanteur contre une grand mère, ses guitares contre des mandolines... Et que dire si on enlève la musique pour ne plus lire que les paroles des chansons à voix haute ? La communauté est constituée sur des règles de forme qui justifient la "création artistique". En cela, on peut dire que beaucoup de musiques sont "issues" de la pensée dirigée, et non de la pensée libre. Le message est une apologie de la forme et non une transmission de sens. Pourtant, on sent bien, lorsqu'on écoute une musique qu'on aime, qu'on prend un réel plaisir à cette écoute, ce plaisir n'est-il pas la preuve de la force de cette création ? Non, car ce plaisir naît de la frustration de ne rien trouver. Le plaisir dans ce cas, c'est le plaisir d'attendre le sens qui ne vient jamais. Le fait d'exclure à ce point d'une création, toute" subjectivité", l'empêche de dégager du sens, et cette absence devient tellement criante, qu'elle fascine. Le plaisir vient de notre capacité à vaincre nos peurs, et la peur ultime, c'est la peur de Nietzsche : le Nihilisme. La musique actuelle est un défilé de mode où chacun joue un rôle d'adhérent passionné, de promoteur convaincu qui va terrifier un public d'individus qui se sentent monstrueux de subjectivité. On n'ose plus rien dire, les paroles des chansons se sont évaporées, la musique n'appartient plus aux musiciens mais aux promoteurs de culture. Je l'ai souvent remarqué ce réflexe étrange qui veut que lorsqu'on voit un homme qui est parvenu à créer quelque chose d'admirable, on se met à copier sa création au lieu d'étudier sa démarche pour parvenir à ses fins. Une création n'a de valeur que si, lorsqu'elle change de forme, elle conserve son sens. Elle n'a rien d'admirable, elle est juste un message que délivre l'individu. Prosterne-toi devant ta création, et tu ne distingueras plus l'imposture de l'Homme.
Onzième message
Quand on se prosterne, on dit l'inverse de ce qu'on est, et on est l'inverse de ce qu'on dit.
C'est un peu le problème de toute adoration, de tout dogme... De tout ce qui créé une communauté qui se différencie du reste du monde par la soumission à une "norme" artificielle. Le langage, à mon sens, n'est pas constitué exclusivement de mots, dans notre monde très "visuel", on peut dire qu'on pense plus en images qu'en mots. Je pense qu'on peut penser en musique aussi. Prenons par exemple un groupe de "Death métal"(ou tout autre groupe affilié à un "esthétique de genre") dont les membres à la voix gutturale et au cheveux longs, sont les porte drapeau d'une communauté qui n'a aucune raison d'être, si ce n'est une aspiration à ignorer l'individu. Pour trouver la valeur d'une prise de parole (musicale ou autre), il convient d'en démonter la forme, afin de voir ce qu'il en reste. En l'occurrence, le groupe de Death metal aura perdu tout intérêt au yeux de son public dès lors qu'il aura troqué son chanteur contre une grand mère, ses guitares contre des mandolines... Et que dire si on enlève la musique pour ne plus lire que les paroles des chansons à voix haute ? La communauté est constituée sur des règles de forme qui justifient la "création artistique". En cela, on peut dire que beaucoup de musiques sont "issues" de la pensée dirigée, et non de la pensée libre. Le message est une apologie de la forme et non une transmission de sens. Pourtant, on sent bien, lorsqu'on écoute une musique qu'on aime, qu'on prend un réel plaisir à cette écoute, ce plaisir n'est-il pas la preuve de la force de cette création ? Non, car ce plaisir naît de la frustration de ne rien trouver. Le plaisir dans ce cas, c'est le plaisir d'attendre le sens qui ne vient jamais. Le fait d'exclure à ce point d'une création, toute" subjectivité", l'empêche de dégager du sens, et cette absence devient tellement criante, qu'elle fascine. Le plaisir vient de notre capacité à vaincre nos peurs, et la peur ultime, c'est la peur de Nietzsche : le Nihilisme. La musique actuelle est un défilé de mode où chacun joue un rôle d'adhérent passionné, de promoteur convaincu qui va terrifier un public d'individus qui se sentent monstrueux de subjectivité. On n'ose plus rien dire, les paroles des chansons se sont évaporées, la musique n'appartient plus aux musiciens mais aux promoteurs de culture. Je l'ai souvent remarqué ce réflexe étrange qui veut que lorsqu'on voit un homme qui est parvenu à créer quelque chose d'admirable, on se met à copier sa création au lieu d'étudier sa démarche pour parvenir à ses fins. Une création n'a de valeur que si, lorsqu'elle change de forme, elle conserve son sens. Elle n'a rien d'admirable, elle est juste un message que délivre l'individu. Prosterne-toi devant ta création, et tu ne distingueras plus l'imposture de l'Homme.