Premier message

Pour comprendre d'où vient ce "déclic" pour cette forme simplifiée du dessin, il faut savoir que je viens de l'extrême inverse (voir mon profil sur CGHUB), et un jour, j'ai eu la sensation d'avoir atteint mes objectifs, je ne voyais plus aucun intérêt à poursuivre cette exploration du réel en peinture. Il m'est apparu que l'essentiel de ce à quoi j'aspirais dans mon travail de dessinateur, réside avant tout dans mes intentions premières. Et à mesure qu'une image s'élabore, elle se charge d'intentions parasites, coquetteries ponctuelles, qui viennent en fausser la lecture. Je pense qu'une image dont la force réside dans sa forme, est une image dispensable. En cela, même si je m'intéresse beaucoup à des courants artistiques tels que l'art minimal, par exemple, je rejette catégoriquement la notion de peinture selon Frank Stella, qui prétendait que la force de la peinture résidait dans "l'acte de peinture" lui-même. C'est une apologie du contenu au détriment du contenant que je conteste. De chaque chose nous ne percevons que le contenant, et l'exploration de celui-ci, nous amène à découvrir un ensemble d'autres contenants. Pour les représentations humaines, le contenu n'est qu'un ensemble de contenants. Ainsi nous identifions les objets par leur enveloppe et non par je ne sais quoi d'abyssal qui constituerait un contenu convenu pour tel objet. Bref, j'étais en plein doute existentiel, lorsqu'un ami m'appela pour me demander de réaliser un logo pour une cause humanitaire en parallèle du tour de France (et dont l'objectif est de financer des opérations à Monaco pour les enfants malades d'Afrique). Et c'est alors qu'a surgit en moi l'évidence : pour que mon message soit clair et immédiat, il faut s'approcher toujours plus de l'intention initiale, et pour ce faire, bannir toute aspiration à l'esthétique de forme, toute digression culturelle. Ce logo, le voici ci-dessus.